L'improvisation selon Jean-François Zygel

C'est quand même une drôle d'histoire, l’improvisation. Le public ne sait pas ce qu’il va entendre et l’improvisateur ne sait pas ce qu’il va jouer...


Quand on improvise, il faut être à la fois à son affaire et ailleurs, comme dédoublé. Il faut guider, conduire, construire au moment même où l'on joue ; et en même temps lâcher prise, laisser quelque chose s'établir entre le soi de la surface et le soi des profondeurs.


J'ai remarqué que ce qui se passe juste avant un concert est toujours très important. Ce que j'ai mangé, ce à quoi j'ai rêvé, si je suis triste ou plein d'énergie, les musiques que j'ai entendues, les personnes que j'ai rencontrées, les amis auxquels j'ai pensé.


Déjà quand j'avais 8 ans, 9 ans, que mon père surveillait si je travaillais bien mon piano, en fait la plupart du temps j'improvisais. Mon père pensait que je travaillais mon piano… c'était plutôt mon imagination que je travaillais !


Plus tard, j'en ai fait un métier. J'ai pris l'habitude d'aller de ville en ville, de salle en salle, de pays en pays, sans partitions, sans programme, avec seulement mes sensations et mes sentiments du moment…

- Jean-François Zygel